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L’EVALUATION  MOHAMMED OUIDADI, BIR ANZARANE

 

PLAN DE L’EXPOSE:

I. CONCEPTS ET OUTIL

        INTRODUCTION

          TYPES D’EVALUATIONS EN VIGUEUR

        EVALUATION; CONTRÔLE; EXAMEN?

        NOTION DE CRITERE

        ETAPES DE L’ELABORATION D’UNE EVALUATION

II. LE QUESTIONNEMENT DANS LE CONTEXTE SCOLAIRE

        BUTS DES QUESTIONS

        TYPES DE QUESTIONS

        TAXONOMIE DE BLOOM

        STRATEGIES PRARIQUES

 I. CONCEPTS ET OUTILS DE L’EVALUATION

 INTRODUCTION

 La question de l’évaluation des acquis des élèves est au centre des préoccupations du système éducatif marocain, sans toutefois que celui- ci parvienne à y répondre de manière satisfaisante.

            Dans le présent travail nous tenterons d'apporter quelques éclaircissements qui concerneront la définition des concepts clés relevant de la docimologie dont l’évaluation constitue une rupture dans la mesure où elle indique le passage d’une pédagogie de la transmission des savoirs à une pédagogie de l’appropriation des savoirs, savoir - faire, savoir - être ".

Nous sommes convaincus que la maîtrise de l'arsenal conceptuel peut être le premier bon pas sur le chemin des réponses possibles mais jamais définitives.

En effet les conséquences de  pratiques non maîtrisées sont désastreuses à plusieurs niveaux: au niveau de l’élève- et le sentiment d’injustice que vit celui-ci - ainsi qu’au niveau de tout le système éducatif qui produit des élèves scolaires, mais non compétents et qui sont pourtant déclarés aptes à passer dans le niveau supérieur et inversement.

 LES TYPES D'EVALUATION EN VIGUEUR:

 L’évaluation diagnostique ; pronostique ou dite aussi predictive:

 Elle n’est pas encore une pratique courante, et lorsqu’elle est pratiquée elle reste inégalement exploitée. Son objectif découle du moment de son déroulement. On peut procéder à ce type d’évaluation soit avant, soit au cours de l’action pédagogique.

Elle est appliquée avant d’entamer l’acte d’enseignement ; l’objectif visé est l’assignation à chaque élève d’un point d’entrée dans une séquence d’apprentissage. G. SCALLON dit à ce propos : " L’élève qui ne possède pas les habiletés préalables sera soumis à des activités de récupération. Celui qui en maîtrise certains éléments sera situé à un niveau intermédiaire qui constituera le point de départ de ses apprentissages ".

 L’évaluation formative, formatrice ou encore informatrice

 Beaucoup de professeurs la pratiquent au quotidien très naturellement, mais malheureusement cette pratique n’est pas suivie d’effets en termes d’information communiquée aux élèves, aux familles, aux différents acteurs de la remédiation. Cette forme d’évaluation est, de plus, partiellement  grevée par le délicat statut de l’erreur dans le contexte scolaire.

Elle comporte les caractéristiques suivantes:

1.     Elle est  permanente, c’est - à - dire qu’elle s’effectue tout au long de l’apprentissage ;

2.     éducative, c’est –à- dire qu’elle est elle-même une activité d’apprentissage ; l’élève apprend grâce à  son évaluation ;

3.     dynamique, car en fournissant un feed -back (information en retour) à l’élève qui apprend, pour lui dire s’il a atteint ou non tel ou tel objectif, elle lui prescrit également une activité d’apprentissage (rattrapage) si l’objectif n’est pas atteint ;

 L’évaluation sommative :

C’est cette forme de jugement «dernier» qui remporte majoritairement les suffrages des professeurs. C’est l’occasion attendue pour régler leur compte aux incompétents et autres cancres

De la sorte, l’ambitieux projet poursuivi par l’école mais sporadiquement atteint, et qui consiste à lutter contre les savoirs morts et les connaissances inertes se trouve renvoyé aux calendes grecques.

            C'est d'ailleurs ce que Whitehead fustigeait déjà en 1929 :

«Lorsque nous proposons une tâche cognitive aux enfants, nous devons être conscients du danger que représentent ce que j’appelle les idées inertes, c’est-à-dire les idées qui sont reçues par le cerveau sans être utilisées, mises à l’épreuve ou employées dans de nouvelles combinaisons ».

 EVALUATION, CONTROLE, EXAMEN?

 Charles Hadji a, dans ses travaux, défini le terme «Evaluation» en l’opposant au terme «Contrôle». Dans ce travail, il avance : « Ces deux notions appartiennent à deux ordres différents et renvoient à deux épistémologies distinctes.»

Le contrôle a pour objet de vérifier le degré de conformité entre des phénomènes que l’on rencontre dans une situation donnée, et un modèle de référence préexistant. (…) L’évaluation est un questionnement sur le sens de ce qui se produit dans la situation observée. Elle répond aux questions «Qu’est-ce que c’est ? Qu’est-ce qu’il y a ?»

Le contrôle a une visée totalitaire et ne se satisfait que dans l’achèvement de son action. Il répond à la question : «Qu’est-ce qu’il devrait y avoir ? » L’évaluation est un processus partiel et nécessairement inachevé. Le contrôle mesure les écarts avec un référent constant, l’évaluation est une création continue de référent :

Un examen est l’action de considérer attentivement avec réflexion un objet. C’est une observation analytique limitée dans l’espace et dans le temps.

Un examen est aussi une évaluation orale ou écrite. Son étude fait l’objet de la docimologie. La réussite à un examen peut être consignée par un diplôme. Il peu avoir comme synonymes : test, épreuve, devoir sur table.

 LA NOTION DE CRITERE:

 Un critère de correction est une qualité que doit respecter la production d'un élève : une production précise, cohérente, originale, etc.

Un critère est donc un point de vue selon lequel on se place pour apprécier une production.

Le recours aux critères présente trois avantages majeurs dans l'évaluation. (Roegiers, 2004).

Ø     Des notes plus justes ce qui limite les échecs abusifs.

Ø     La valorisation des points positifs: le sens étymologique du terme « évaluation » n'est-il pas « ex- valuere », ce qui signifie « faire ressortir la valeur de » ?

Ø     Enfin, le recours aux critères permet d'identifier beaucoup mieux les élèves à risque, c'est-à-dire les élèves à qui il faut peu de chose pour basculer au- dessus ou en dessous du seuil de réussite

 LES ETAPES DE L’ELABORATION D’UNE EPREUVE D’EVALUATION DANS LE CADRE DE LA PEDAGOGIE DE L’INTEGRATION

 On peut résumer par les étapes suivantes la démarche de la construction d’une évaluation dans le cadre de la pédagogie de l’intégration :

Ø     Préciser la compétence à évaluer,

Ø     Construire une ou deux situations nouvelles correspondant à la compétence,

Ø     Rédiger soigneusement les supports et les consignes pour que la tâche à exécuter apparaisse clairement aux élèves

Ø     Préciser les indicateurs que l’enseignant relèvera lorsqu’il  corrigera la copie

Ø     Rédiger la grille de correction.